Ploucophilie

Publié le par coline

couvedessaintfrelons.jpgIl y a un village, en Ariège, dont on ne connaît pas le nom, mais qui ressemble fortement au trou du cul du monde, et dans ce village, il y a Maxime, un apiculteur soucieux qui voit débarquer Paul, son ex-beau-fils venu apparemment demander quelques comptes ; il y a Antonin, maton à la retraite, qui s’emmerde comme c’est pas possible, puis qui devient carrément hargneux quand il apprend que sa bourgeoise, Martine, a vidé tous leurs comptes en banque et a planqué le pognon dans un endroit tenu secret ; Martine, justement, qui va sucer Michel, le maire, dans son bureau, un maire veuf pour le moins indélicat, pour lui demander de l’aider à la débarrasser d’Antonin ; il y a Rémi, QI 52, qui survit près du cimetière, à deux pas de chez Antonin, près du château d’eau, qui a exhumé de sa tombe le cadavre de son ex, Mariel, afin qu’elle retrouve goût à la mort-vie, et qui possède deux poules, une rouge et une noire répondant aux doux prénoms de Sten et Dhal ; et puis il y a encore deux amoureux, Baptiste et Loïc, anciens compagnons de cellule devenus homos par la force de la promiscuité qui veulent se venger d’un certain maton à la retraite ; Ah ! il y a des bêtes aussi, un ours, aperçu subrepticement, mais sans plus, un hérisson appelé Caroline, une taupe… Voilà, les personnages de ce roman noir sont campés, quelques riffs de guitare de Status Quo par-dessus, genre Whatever you want live, la voix éraillée de Jean-Patrick Capdevielle en prime, et hop, il n’y a plus qu’à envoyer le bouzin, leur inoculer un vilain venin, et que tout ce beau monde se met à tournoyer comme des frelons assoiffés de sang ! Dans ce nouvel opus, Pascal Dessaint s’est lâché pour notre grand plaisir. On sent qu’il aime ses personnages, dans la peau desquels il se met tour à tour au fil des chapitres, en utilisant la première personne. Bref, sa galerie ploucophile est impeccable. N’empêche, c’est quand même dur d’être un héros, de c’côté-ci d’la planète !

 Le Bal des frelons, de Pascal Dessaint, 206 p., 16 €, Rivages, 2011. À noter la réédition en Rivages poche de Cruelles natures du même auteur : 224 p., 8 €.

© Gilles Vidal

 

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