Ripoux puissance treize

Publié le par Gilles Vidal

 

Fiction, récit authentique, confession ? En tout cas, c’est pied au plancher que se livre le narrateur de ce (roman ?) Marseille me manque, nous contant sa vie tumultueuse avec un style gouailleux fleurant bon son Audiard, mais avec un je ne sais quoi d’aisance chic, d’une manière que l’on pourrait croire lapidaire même si ce n’est pas le cas, même si on peut parfois, au détour d’une anecdote croustillante, avoir envie que se creuse un peu plus le sillon du ramasse-miettes. Ici, les arcanes de la police sont rendus brut de brut, sans fioritures aucune, à l’ancienne, notamment les années soixante et soixante-dix où l’alcool et les coups tordus coulaient à flots dans les commissariats ; se succèdent tire-au-flanc, fric piqué lors des perquisitions ou ailleurs, caïds de la pègre marseillaise tel Francis le Belge dans toute leur majesté, magouilles en tout genre, le parfum anisé de Ripoux puissance treize ! La belle époque quoi ! Jusqu’aux années 80, début années 90 où ça devient moins rigolo et le départ à la retraite du narrateur au moment de l’arrivée fatale de l’informatique. Narrateur qui ne s’arrête pas là pour autant et continue sa virée dans le civil… J’ai passé un bon moment avec ce livre d’Olivier Dartigolles, m’amusant à deviner ce qui se planquait entre les lignes. Il faut dire qu’entre flic et voyou la frontière est parfois plus que floue et d’une épaisseur à faire pâlir d'envie une anorexique…

 

Marseille me manque, un ex-flic se livre, d’Olivier Dartigolles, préface de Gérard Streiff, Éditions La Déviation, 2020, 90 p. 10 €.

 

 

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