Napalm Springs

Publié le par Gilles Vidal

Napalm Springs

Ernest Medina, un marchand d’armes américain, se fait littéralement enflammer le crâne par du napalm lors d’une soirée à l’hôtel California, alors qu’il était en train de se rafraîchir aux toilettes de l’établissement. Sauvé in extremis par une arrivée inopinée, il s’en sort, mais en piteux état, son agresseur ayant pris la fuite. On retrouvera plus tard, dans le casier de l’hôtel de Médina, un petit mot énigmatique : « From Mowgli » Un peu plus tard, Angela Capra, une journaliste d’investigation, américaine elle aussi, est retrouvée assassinée à la cathédrale de la Sainte-Trinité avenue Georges V, étouffée quant à elle à l’aide d’un des coussins des bancs de l’église portant l’écusson de l’État du Texas. Ces deux attaques sont-elles liées ? C’est en tout cas ce que va tenter de savoir Magali Bourgeade, une jeune journaliste, à la faveur de l’écriture d’un dossier « France/USA » réclamé par le journal Les Papiers nickelés, pour lequel elle est pigiste, épaulée pour l’occasion par son ami Raphaël Cineux, surnommé Racine, un libraire-expert fort érudit. Louvoyant habilement dans les entrelacs de tout ce qui compose la communauté américaine de la capitale – autant celle de « droite » que celle de « gauche » –, elle en vient très vite à penser que cette histoire qui met en émoi jusqu’au personnel de sécurité de l’ambassade américaine, prend ses racines dans cette sale guerre que fut celle du Vietnam. Et de la jungle actuelle du Vietnam même, dont des images incroyables vont sortir un des protagonistes de sa léthargie : « C’était comme s’il sortait d’un long sommeil, qu’il se réveillait au monde, comme si toute une histoire ancienne repartait pour un tour, comme s’il revenait quarante ans en arrière. On efface tout, on recommence ? » Si l’on ajoute à cette intrigue une pincée de NSA, une autre de Black Power et encore une autre d’Anonymous, nous avons là un sacré cocktail.

Dans un style fluide et alerte, Gérard Streiff nous embarque dans une enquête rondement menée et bien documentée, inaugurant, de belle manière, une nouvelle collection dédiée aux romans noirs et policiers.

Retour de flamme à l’américaine de Gérard Streiff, Éditions du Jasmin, collection « Jasmin noir », 2015, 112 pages, 14 €

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